Un de mes « dada » les plus remarquables, amusant pour moi, exaspérant pour d’autres, a été la d´couverte progressive des mots anglais d’origine française. J’ai eu à soutenir tant de discussions, de hauchements de tête, de sourires narquois que maintenant je me tais sans pour autant laisser de pour suivre mon violon d’Ingres au hasard de mes lectures et circonstances.
J’avais d’étranges sensations en me heurtant au mot « mortgage ». Ensuite, et-ce que « pique-nique » provenait de « pic-nic » ou vice-versa. Un jour, étant à Bayside, mon amie et moi déci d’âmes de prendre un cours d’Allemand à Queens College. Le professeur était une Allemande qui finissait son Doctorat en Langues, sa deuxième langue étrangère étant le Français. Environs vers la quatrième leçon elle nous dit à brûle pourpoint : « La langue allemande est émaillée de dix pour cent de mots français. Je dressais l’oreille. Un éclair traversa mon cerveau. En effet, j’avais bien compris que « coiffeur » « soldat » « étage » « garage » étaient des noms bien familiers, et d’autres comme « parfum » qui ressemblait étrangement à l’équivalent français. De l`à envisager la possibilité des mots anglais si semblables aux équivalents français, parfois exactement le même en orthographe sinon en prononciation, il n’y avait qu’un pas à franchir. Je me précipitais sur « The Oxford Universal Dictionary » que j’avais acquis quelques années auparavant à travers ces mirifiques annonces typiquement américaines qui vous font de magnifiques cadeaux à condition, naturellement de vous abonner à quoique ce soit. Le premier mot que je cherchais sur ledit dictionnaire fut, naturellement « mortgage ». Je tombais des nues en me trouvant face à la solution (si facile !) de l’énigme :
Mortgage : gage de mort, soit : hypothèque
Ma curiosité, ma joie, ma surexcitation si longtemps voilés par l’ignorance, j’ai lissaient enfin comme un volcan qui éclate. Ensuite se fut le tour de « picnic » : piquer des niques soit, en vieux Français piquer de petits morceaux de nourriture.
A partir de ce moment ce fut une avalanche : des pages entières de l’Oxford Dictionary qui avait l’amabilité de préciser l’origine de chaque mot anglais, des pages entières dis-je étaient destinées aux mots anglais d’origine française.
Ma première pierre de touche fut mon mari. Je lui dis un jour : « Tu sais, tel mot anglais vient du Français ». Pour toute réponse il me sourit gentiment. Je dois ajouter qu’il était traducteur des Nations Unies, et, certes, un excellent traducteur.
Un mois après je lui répétais la même phrase en variant le mot controversé. Il me rebiffa et me dit : « Ne dis pas des sottises ». Je me taisais.
Un mois après je répétais de nouveau la même phrase en variant de nouveau le mot clef. Cette fois sur un ton impatient il me dit : « Ne sois pas ridicule !.. » Je lui présentais alors le dictionnaire de Cambridge. Il s’inclina. A partir de ce moment il fut pris au jeu et découvrait lui-même plusieurs mots qui auparavant lui paraissaient si Anglais.
Depuis lors, ma joie se renouvelle constamment, chaque fois que par hasard, une lecture ici un jeu de mots là, je découvre un nouveau mot déguisé. En général tout mot anglais qui, d’après moi n’a pas de racine apparente, devient automatiquement suspect d’appartenir à une autre langue. Ainsi pour
Chowder : chaudière
Cauldron : chaudron
Oboe : haut-bois (quelle surprise !)
Nurse : nourrice
Curfew : couvre-feu
Gutters : gouttières
Et tant, et tant d’autres !...
Il faut naturellement inclure tous ces mots qui sont identiques, come Exaltation, Caramel, Banquet, Idiot, Irrigation, Oblige, Obligation, Raisin, Revolution.
Ceux qui se ressemblent comme des frères avec un orthographe un peu changé : Cannon, Candid, Glutton, Guard, Prelate, Revolt, Animosity, Annex, est agréable de constater que la plupart des mot abstracts proviennent du Français comme courage, noble, brave, justice, joy, ainsi, naturellement ce qui relève de l’alimentation
Ox, Cow : beef
Pig : porc
Sheep : mutton
Pantry : paneterie
Soup : Soupe
Vinegar : vinaigre
Fruits : fruits
Groceries et Delicatessen : le premier provient de l’expression « en gros ». Le deuxième se prête à la controverse.
Ma version : le mot français « délicatesse » avec le pluriel allemand « n ». La version des Américains d’origine allemande : délicat – essen ce dernier mot signifiant « mangé » en Allemand. Dans ce cas la première moitié du mot est français puisqu’en Allemand ce mot s’écrirait avec un « k » soit « delikat ».
Il est amusant aussi de constater la pruderie protestante qui pour désigner des mots d’une nature, dirons un peu équivoque, emplie des noms bien français :
Douche : toujours vaginale versus « shower » beaucoup plus génerale
Madam : patronne d’un lupanar
D and C : Week-end special. Dilatation et Curettage. Quand mon dentiste de Bayside me déclara que j’avais besoin d’un curettage, j’ouvris grands les yeux. Je lui expliquais que c’était un terme qui appartenait plutôt à la gynécologie. Il me répondit avec enthousiasme que ça revenait au même : racler, gratter … la gencive.
Ainsi se dénature souvent le sens des mots. Chauvinisme, un not très à la mode aujourd’hui, commença par être employé dans l’expression « male chavinism » soit la supériorité mâle ressentie face à la femme. Au cours d’une conversation qui se déroulait lors d’un « coffee-break » à l’hôpital où je travaille comme volontaire, ce mot fut prononcé et une des dames présentes demanda innoçamment que signifiait au juste ce mot. Pleine d’enthousiasme, je me lançais dans des explications très précises quand je fus violement interrompue par une autre dame qui assura que j’étais dans le tort. Que ce n’était pas comme je disais « my country right or wrong » sinon le plus pur « machismo ». Fière et sûre de mon Chauvin je lui donnais froidement la réplique. Elle s’entêta dans ses explications. Je tenais ferme. Unes semaine après, ayant consulté plusieurs dictionnaires dans diverses bibliothèques publiques, elle finit, de mauvaise grâce par me donner raison. Le fait est qu’après avoir employer l’expression « male chauvinism » les Américains qui sont toujours pressés ont voulu couper court comme ils le font si souvent avec leur propre langue (ou plutôt celle des Anglais) et le mot « chauvinism » signifie beaucoup plus souvent la supériorité mâle que le patriotisme exagéré.
Cette recherche de l’origine française d’étant de mots apparemment anglais m’a conduit tout naturellement à quelques lectures sur l’invasion normande de l’Angleterre en 1066. Il est amusant de constater la différence entre les textes anglais et les français.
J’ai beau chercher dans les textes anglophones l’explication de ces traces de Français dans l’Anglais moderne, je me heurte toujours au « Norman-English ».
Dans les textes français je crois trouver des explications plus valables : les Nordiques qui envahirent la Normandie actuelle à qui ils ont donné le nom, arrivèrent au IX siècle. Ils s’installèrent et furent à leur tour conquis par la douceur du climat, par la fertilité di sol, et … parla langue du terroir. Le Français du IX-XI siècle n’était exactement le même que le Français moderne. Les distances étaient grandes entre l’Ile de France et le Normandie. On voyageait à pied ou à cheval. L’accent, l’orthographe différaient. Ainsi « marché » se prononçait « marqué » et beaucoup de noms aujourd’hui dessués sont encore vivants dans l’Anglais actuel.
AMERICA
No comments:
Post a Comment